🛑 Confidentiel ] : De Guzang à Washington DC, Christopher Fomunyoh parle de son passé et ces femmes qui l’ont marqué

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[ Confidentiel ] : De Guzang à Washington DC, Christopher Fomunyoh parle de son passé et ces femmes politiques qui l’ont marqué

Dans une interview exclusive accordée au magazine parisien Ahou Attitude, le politologue camerounais Dr Christopher Fomunyoh, revient sur son enfance, son parcours et dévoile les grandes figures politiques féminines qui l’ont marqué. Dans cet entretien de 19 questions, le directeur régional pour l’Afrique au NDI se prononce sur la place accordée aux femmes dans la vie politique américaine et internationale tout en donnant des conseils aux femmes qui veulent réussir en politique. Se distinguant en défenseur des droits des femmes, le fils de Batibo n’est pas resté muet sur le mouvement #Me Too engagé dans la croisade contre le harcèlement sexuel que subissent les femmes aux Usa. Le politologue camerounais qui a une passion pour la musique et les tenues africaines, affiche sa préférence en matière de tenue féminine…


 

► ► Né en 1956, dans le village de Guzang – Batibo au Cameroun, ses parents lui disaient il y a de cela quelques années, qu’ils ne s’imaginaient pas qu’un jour leur fils aîné serait dans les couloirs d’influence sur la place de Washington DC et à travers le continent d’Afrique pour les questions de démocratie et de bonne gouvernance. Et lui non plus. Aujourd’hui, politologue, directeur régional pour l’Afrique au NDI,  (Washington, DC) – Le National Democratic Institute for International Affairs ( Institut national démocratique pour les affaires internationales, NDI) Christopher Fomunyoh collabore avec les plus grandes personnalités de ce monde, telle que Madeleine Albright, ancienne Secrétaire d’Etat américain, qui préside le Conseil d’Administration du NDI. Il nous explique en quoi la représentation des femmes dans tous les éléments constitutifs de la société reste primordiale. Découvrez la vision d’un homme au parcours hors du commun dans l’interview AHOU ATTITUDE Magazine.

Pourriez-vous vous présenter et nous décrire votre enfance, votre parcours?

J’ai commencé par une enfance tout à fait normale avec un passage à l’école primaire et ensuite au secondaire chez les missionnaires protestants, puis le lycée à Bambili – Bamenda, avant d’atterrir à l’université de Yaoundé, dans la capitale politique du pays, en 1975. Une fois les études universitaires terminées, et avec une Licence en droit entre les mains, je descends à Douala, la capitale économique, à la recherche d’emploi. C’était la belle époque des perspectives heureuses pour les jeunes diplômés. Ainsi, je commence par être embauché comme cadre administratif à la Société Nationale des Eaux du Cameroun, et plus tard comme cadre juridique à la Cameroon Airlines, la compagnie aérienne nationale qui à l’époque faisait concurrence aux autres grandes compagnies comme Air Afrique et Ethiopian Airlines. Après quelques années, je décide de poursuivre mes études supérieures aux Etats Unis d’Amérique, en faveur d’une inscription à la très prestigieuse faculté de droit de l’université de Harvard, dans l’État du Massachusetts.

Par ailleurs, je me trouve être le tout premier Camerounais à être admis à Harvard Law School dans ce programme de troisième cycle en droit ou LL.M., et cela en 1988. Une fois les études de droit terminées, je me lance dans un programme de doctorat en sciences politiques à l’université de Boston, que j’obtiendrais en 1994, avant de rejoindre le NDI pour une carrière à laquelle je n’avais même pas pensé les années d’avant.

Quelles femmes ont marqué cette période de votre vie?

D’abord ma maman, chrétienne pratiquante de son vivant et qui, sans avoir fait l’école en son temps, tenait absolument à ce que ses enfants fréquentent les meilleures écoles possibles. Elle nous a beaucoup forgé par son humanisme et sa générosité ; toujours ouverte à partager ce dont elle disposait avec ceux qui étaient dans le besoin.

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Et puis, il y avait mes grandes mères paternelle et maternelle, toutes les deux de très forts caractères dans un contexte ou surtout en milieu rural, dans les familles polygame d’Afrique, il revenait souvent aux matriarches de s’occuper de leurs enfants et petits-enfants. Jusqu’à ce jour, je ne peux pas me surpasser dans les éloges à ces grandes dames que j’ai eu la chance de côtoyer jusqu’à l’âge d’adulte, et qui m’ont beaucoup marqué.

Enfant, rêviez-vous de travailler dans l’univers de la politique?

Pas du tout, surtout que j’ai grandi dans l’Afrique des partis unique et des régimes militaires, donc sans points d’attractivité dans ce sens. Au maximum, il y avait des mouvements estudiantins et culturels, et là, j’étais très actif dans ma région d’origine comme au lycée et à l’université de Yaoundé. Les gens disaient que mon dynamisme et mon leadership dans ces milieux laissaient présager un avenir prometteur et glorieux, mais sans savoir de quelle manière celui-ci allait se manifester.

Comment votre carrière a-t-elle démarré?

Ma carrière à la Cameroon Airlines a démarré par simple curiosité de découvrir le secteur du transport aérien qui était une nouveauté pour cet enfant né dans un village loin du monde moderne ; et c’est par la suite cette compagnie qui m’a ouvert les yeux sur l’international vu ses activités sur plusieurs continents. La deuxième carrière, celle avec le National Democratic Institute for Inernational Affairs (NDI), je l’ai avec détermination poursuivie, car la fin de mes études de doctorat coïncidait avec divers changements politiques à travers le monde, comme la chute de l’ancienne union soviétique, l’écoulement du mur de Berlin, la fin de l’apartheid en Afrique du Sud, la sortie de Nelson Mandela de la prison, et tous les efforts de démocratisation qui en ont suivi. Alors, dans un élan de panafricanisme, et nonobstant concernant les autres opportunités qui se présentaient à l’époque, je me suis imposé l’obligation morale d’accompagner les miens sur le continent dans leurs efforts de démocratisation.

J’ai donc postulé à rejoindre cet institut qui fut parmi les toutes premières organisations à adopter une politique de soutien et d’assistance technique aux pays en transition démocratique. Pour la petite histoire, je pensais ne pas y rester plus de deux, trois ans; le temps d’obtenir une expérience professionnelle avant de rentrer au Cameroun porter ma contribution de manière plus directe au développement politique et économique de mon pays. Plus de deux décennies après, notre continent, l’Afrique, continue de m’interpeller et je suis heureux de répondre toujours présent.

Comment définiriez-vous votre travail au sein du NDI?

En tant que directeur régional et haut cadre de la maison, je participe à la conception des projets d’assistance technique aux partenaires et autres acteurs engagés dans le renforcement et dans la consolidation de la démocratie et la bonne gouvernance. Aussi, je supervise la mise en œuvre des projets par le staff du siège à Washington DC et les équipes pays où nous avons des représentations. C’est un travail riche et dense qui vous ouvre beaucoup de portes et d’opportunités, car il vous arrive de côtoyer au quotidien les activistes socio-politiques, tout comme les acteurs de la société civile, les leaders des partis politiques, et les élus au plus haut niveau. Pareil pour mes collègues qui travaillent sur d’autres continents, car le NDI dispose des bureaux dans 57 pays à travers le monde, répandu sur cinq continents. Et notre travail se fait de manière non-partisane et, étant financé par le Congrès américain et les bailleurs comme l’Agence Américaine pour le Développement (USAID) et autres, nos activités ne coûtent rien aux structures ou aux pays d’accueil.

L’égalité entre homme et femme est-elle importante pour vous? Définissez votre engagement sur ce sujet au quotidien. Que proposez-vous pour la défense des droits des femmes?

La recherche de l’égalité homme / femme est une quête permanente au NDI, et nous avons toute une direction qui veille à ce que tous nos projets intègrent le volet genre

Effectivement, sur le plan professionnel, la recherche de l’égalité homme / femme est une quête permanente au NDI, et nous avons toute une direction qui veille à ce que tous nos projets intègrent le volet genre pour s’assurer la sensibilisation continue et l’accompagnement effectif de la participation des femmes à tous les niveaux de prise de décision en politique. Ainsi, nous avons mené plusieurs campagnes de sensibilisation à travers le monde comme le ‘Win with Women’ qui signifie ‘gagner avec les femmes’ ou les compagnes sur comment prévenir les violences faites aux femmes en politique. Par ailleurs, depuis 2020, le NDI a créé un Conseil sur la diversité, l’équité et l’inclusion, pour montrer à quel point ces questions-là nous préoccupent. Et j’ai eu l’honneur d’être désigné co-président dudit conseil.

Vos fonctions vous amènent à parcourir le monde et à intervenir auprès de différents gouvernements. Quels constats pouvez-vous faire en ce qui concerne la place des femmes dans la vie politique internationale, plus particulièrement en Afrique?

  Dans mes différentes interactions sur le continent, je constate, malheureusement, que la plupart de nos pays n’arrivent pas encore à accorder aux femmes un accès équitable au pouvoir décisionnel au plus haut niveau.

Dans mes différentes interactions sur le continent, je constate, malheureusement, que la plupart de nos pays n’arrivent pas encore à accorder aux femmes un accès équitable au pouvoir décisionnel au plus haut niveau. Alors, vous trouverez des femmes militantes très dynamiques et actives à l’intérieur des partis politiques, mais très peu présentes dans les comités centraux ou bureaux politiques de ceux-ci. Par exemple, sur les centaines des chefs D’État que l’Afrique a connu dans cette ère de la démocratie des 30 dernières années, on ne compte que quatre femmes qui ont exercé cette fonction donc une seule par voix des élections multipartites et compétitives.

C’est pareil pour le pouvoir législatif ou la moyenne en termes des élues femmes reste très faible dans nos parlements ou Assemblées Nationales. Et pourtant, les femmes constituent plus de 50 pourcent de nos populations pays, et on les retrouve, très brillantes et entreprenantes dans les universités et les professions libérales, et même dans le secteur privé. Certains pays comme le Rwanda et le Sénégal ont adopté un système de quota, ce qui facilite cette représentation législative, mais globalement, il y a beaucoup de travail à faire dans ce sens.

Les femmes obtiendront le droit de vote aux États-Unis en 1920. Quel est aujourd’hui leur place dans la vie politique américaine?

Selon la base des données établis par l’union interparlementaire sur la place des femmes dans les législatures, les États-Unis se trouvent en 77e position sur 190 pays, et ce n’est pas glorieux pour la première puissance démocratique au monde.

Sur cet aspect, on constate que même certaines vieilles démocraties souffrent d’un décalage inacceptable entre les aspirations des femmes et leur place dans les plus hautes instances du pouvoir politique. Voyez-vous, il a fallu presque 100 ans, donc une siècle depuis l’obtention du droit de vote, pour voir une femme président de la Chambre des Représentants ou la chambre base du Congres Américain, et aussi pour la première fois une femme vice-présidente des États-Unis. Et selon la base des données établis par l’union interparlementaire sur la place des femmes dans les législatures, les États-Unis se trouvent en 77e position sur 190 pays, et ce n’est pas glorieux pour la première puissance démocratique au monde.

En France, les femmes politiques gagnent moins que leurs confrères hommes. Le même constat se fait aux États-Unis?

Mais oui, ces inégalités-là existent aussi aux États-Unis, et voilà l’une des raisons pour lesquelles on devrait continuer à faire le plaidoyer pour que les anciennes habitudes et les pratiques rétrogrades changent.

Les scandales sexuels impliquant des politiques semblent courants aux États-Unis, que pensez-vous des mouvements comme #MeToo qui encourage la prise de parole des femmes?

« Il était temps que les femmes retrouvent leur voix pour dénoncer ces actes-là, et que les auteurs soient tenus pour responsables et paient aussi le coût. »

Effectivement le mouvement #Me Too a éveillé les consciences sur les préjudices que subissent les femmes lorsque le milieu professionnel dans lequel elles exercent ne leur permet pas de prospérer dans leurs carrières à cause des pressions injustifiées de toutes sortes, notamment de harcèlement sexuel. Il était temps que les femmes retrouvent leur voix pour dénoncer ces actes-là, et que les auteurs soient tenus pour responsables et paient aussi le coût. C’est aussi rassurant pour les femmes de savoir qu’elles sont soutenues dans leurs revendications par la société de nos jours qui ne tolère plus les abus masochistes du passé.

Il est vrai que les politiques ont souvent été souvent les plus fautifs, mais le drame est que ces violences physiques, et même psychologiques contre les femmes se retrouvaient dans tous les secteurs et professions. Être très occupée un dimanche et libre un lundi matin ou encore être en train de lire les ordonnances présidentielles à la télé un samedi soir et être libre toute la matinée.

 

Vous collaborez avec de grandes femmes politiques, lesquelles vous ont le plus marqué?

J’ai de la chance dans mon travail de côtoyer régulièrement des grandes personnalités dont beaucoup m’inspirent de par leur vision, leur humanisme, le courage et le dévouement avec lesquels elles ont pu obtenir une expansion des espaces de libertés dans leurs pays et une amélioration des conditions de vie de leurs concitoyens. Ce sont des personnalités qui ont beaucoup marqué l’histoire de leur pays respectifs et qui m’impressionnent aussi par leur humilité et leur générosité dans le partage du savoir et d’expérience. Je citerais parmi les femmes, Mme Ellen Johnson Sirleaf, ancienne présidente du Liberia, première femme élue président de la république en Afrique, qui a sorti son pays d’une guerre civile et des clivages identitaires profonds pour le remettre sur les rails du développement économique et politique harmonieux, indépendant.

Je pense aussi au Dr. Joyce Banda, cette dame, qui a eu à gérer une transition, compliquée au Malawi alors que Vice-président, elle devient présidente de la République au décès prématurée de son prédécesseur avec qui elle avait des relations de travail déjà difficiles. Je pense aussi à Mme Catherine Samba Panza qui a réussi une transition démocratique en République Centrafricaine jusqu’aux élections inclusives et crédibles pour une sortie de crises dans ce pays troublé, mais riche en ressources naturelles. Au-dehors de l’Afrique, je pense aussi à Mme Jahjaga Atifete, cette jeune dame qui, sans le vouloir au départ, s’est retrouvé au-devant de la scène aux moments de grands bouleversements dans le Balkan et à l’éclatement de l’ancien Yougoslavie, a pu négocier l’émergence de Kosovo comme un état indépendant.

Pourriez-vous nous citer deux femmes politiques dont vous appréciez le travail?

Je citerais d’abord Angela Merkel qui, d’origine modeste en ce qui était alors l’Allemagne de l’Est, elle a non seulement su conquérir le pouvoir dans une Allemagne réunifiée, elle a su gérer ce pays pendant 16 ans en le rendant plus prospère et plus unifié, et cela, sans fracas ni arrogance autre mesure. Et je mettrais dans cette catégorie aussi Mme le président du Conseil d’Administration du NDI, Madeleine Albright, ancienne Secrétaire d’Etat américaine, qui, en dépit d’avoir été par deux fois réfugié dans son enfance, a su gravir tous les échelons de l’académie et du monde politique pour être la première femme à occuper ce poste dans l’histoire américaine.


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Aujourd’hui, elle est toujours toute simple et accessible, donne des cours professorat à l’université de Georgetown et se soucie toujours des sorts des plus diminués parmi nous. Des accointances de ce genre obligent inéluctablement le plus grand respect et la plus grande admiration pour ces leaders du monde, et de surcroît des femmes.

Jackie Kennedy, Michelle Obama ou encore Hillary Clinton (ancienne Secrétaire d’État des États-Unis) et aujourd’hui Kamala Harris, les femmes dans la politique américaine ont été des sources d’inspiration pour de nombreux designers. Être femme et féminine est-ce un atout ou un obstacle pour réussir dans ce milieu encore largement dominé par les hommes?

Heureusement que le monde évolue et aujourd’hui, une femme féminine de caractère ou de beauté, et qui attire l’œil du designer de par son élégance est aussi respectée pour ce qu’elle apporte et tiendra toujours sa place en politique. Par ailleurs, le monde se rajeunit, et nous devons toujours garder à l’esprit que les jeunes qui constituent de plus en plus la grande majorité des électeurs, font toujours des clins d’œil aux designers pour déterminer leur attachement à tel ou tel candidat.

►Le monde évolue et aujourd’hui, une femme féminine de caractère ou de beauté, et qui attire l’œil du designer de par son élégance est aussi respectée pour ce qu’elle apporte et tiendra toujours sa place en politique

Il est vrai que pour beaucoup, Jackie Kennedy reste une légende de beauté et d’élégance dans les hautes sphères de la politique américaine, même si la disparition subite et prématurée de son mari de président John F. Kennedy l’a freiné dans l’élan de son empressement.

Depuis ces années 60s de Jackie et John Kennedy, le monde a aussi évolué et aujourd’hui, une femme féminine de caractère ou de beauté peut attirer l’œil du designer de par son élégance et en même temps se fait respecter pour ce qu’elle apporte en politique. Par ailleurs, le monde se rajeunit, et nous devons garder à l’esprit que les jeunes qui constituent de plus en plus la grande majorité des électeurs, font toujours des clins d’œil aux designers pour déterminer leur attachement à tel ou tel candidat.

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N’oublions pas que lors de l’élection présidentielle américaine de 2016, Hillary Clinton avait eu presque trois millions de voix de plus que Donald Trump, même si le système du collège électoral l’a empêché de devenir président de la République. Quant à Michelle Obama, déjà hautement apprécié comme première dame des Etats Unis, elle reste très populaire ; la preuve en est qu’en 2020, et pour la troisième année consécutive, elle a été plébiscitée comme l’américaine la plus admirée. Voilà une grande dame, avocate de son état et ancienne de la prestigieuse Université de Harvard, qui a su imposer son propre style à la Maison Blanche avec élégance et simplicité, et qui continue de forcer respectabilité et admiration. À vrai dire, Michelle Obama est encore toute jeune, relativement parlant, et je me dis que son avenir est encore plein d’influences positives à la société américaine et à l’humanité tout court. Pour un de ses fans et anciens de la même faculté de droit à Harvard, je lui souhaite cela et avec beaucoup d’enthousiasme.

Quelle définition pourriez-vous attribuer à l’élégance? Quelle est la tenue féminine par excellence selon vous?

« La meilleure tenue féminine serait celle qui permettrait à la personne qui la porte de se sentir le plus à l’aise que possible dans le milieu dans lequel elle se trouve. »

L’élégance à mon sens, c’est cette capacité de s’habiller et de se porter de façon cohérente qui cadre avec la personne, et qui projette une harmonie parfaite de sa personnalité. Pour ceux qui regardent de l’extérieur, tout ce qui évite un contraste flagrant aspire respect, admiration et considération. Sûrement que les tenues féminines diffèrent selon les cultures, et même des coutumes et les traditions ; mais de manière générale, la meilleure tenue féminine serait celle qui permettrait à la personne qui la porte de se sentir le plus à l’aise que possible dans le milieu dans lequel elle se trouve.

En quoi consiste votre quotidien (votre quotidien, votre hygiène de vie en général)? Et comment entretenez-vous votre forme?

En dehors des heures de travail, j’aime écouter la musique, et surtout la musique africaine. Parce que pour moi, les musiciens canalisent beaucoup d’idées sur les pensées et les expériences des peuples. En les écoutant, on s’ouvre à des encyclopédies marchant donc certaines sont anciennes et d’autres plus moderne. J’aime aussi la marche qui sert de temps de réflexion dans un espace libre et proche de la nature.

Avec l’ancien président de Kosovo Jahjaga Atifeke et l’ancien président du Liberia Ellen Johnson Sirleaf dans la ferme de cette dernière à trois heures de route de la capitale Monrovia.

En tant qu’homme, quel est votre tenue préférée?

Bien que le costume cravate soit de mise pour les besoins de service, j’aime me régaler dans les tenues africaines que certains appellent communément les tenues traditionnelles. Dans presque toutes les fêtes auxquelles j’assiste aux Etats Unis, je m’habille de la manière, question de promouvoir notre culture et aussi de rappeler à la jeune génération des immigrés à ne jamais oublier d’où nous sommes venus. Je constate par ailleurs que lorsque je vais au Cameroun ou partout ailleurs sur le continent, les gens sont contents de me voir en traditionnel, ce qui les rassure que je suis fortement en phase avec mes racines, ancrées dans la terre de nos ancêtres.

C.F et son épouse Mary Anne Fomunyoh, et leur fille Christina Fomunyoh

Quels conseils donneriez-vous aux femmes qui, comme vous, souhaitent réussir dans le milieu de la politique?

 Il faut y aller. Il faut foncer comme on peut.

Depuis la conférence de Beijing en 1995, des opportunités s’ouvrent aux femmes et se conquièrent. La résolution 1325 du Conseil de Sécurité de 2000, prône une égalité d’opportunités pour les femmes dans les questions de paix et de sécurité, et même humanitaire et de développement. La gouvernance fait un ensemble de tout cela et comme à l’ère de la démocratie cela passe par des élections compétitives, les barrières du passé devraient être mises de côté pour matérialiser cette participation effective. Je les encourage et je félicite celles qui osent et qui réussissent déjà à faire leur chemin.

Quels sont vos projets à venir ?

La liste est bien longue, mais je citerais juste deux, donc l’objectif de rentrer au pays et d’être plus présent en Afrique pour pouvoir porter une contribution plus significative à l’épanouissement du continent en valorisant toutes ces connaissances et ces relations que j’ai pu accumuler ces dernières années. Et deuxièmement d’intensifier les interventions humanitaires dans le cadre d’une fondation familiale qui œuvre dans ce sens (www.tffcam.org). Pour un pays comme le Cameroun qui traverse des moments difficiles avec une guerre fratricide, les défis humanitaire vont grandissant et vont demander des efforts impeccables pour remettre une certaine normalité dans la vie de mes concitoyens.

C.F avec ma fille Christina Fomunyoh qui s’intéresse autant que son père au rôle primordial de la femme dans les affaires internationales et en politique. Étudiante à l’Université d’état de Pennsylvanie, elle est très active dans les mouvements estudiantins sur le campus. Déjà pendant ses années du lycée à Arlington, en Virginie, elle fut élue président des étudiants; l’une des rares noire américains à occuper ce poste depuis l’ouverture de ce lycée d’élite en banlieue Washingtonien en 1957.

Le mot de la fin

Mes remerciements chaleureux à vous pour l’initiative de ce magazine, et toutes les initiatives que vous avez entrepris pour projeter l’Afrique dans toute sa diversité, y compris par rapport à la place des femmes. Je vous félicite aussi pour le travail en faveur des femmes. Vous faites la fierté du continent et nous vous souhaitons le plein succès dans vos actions.

 

Ndlr : Le titre, le chapeau et la mise en forme sont d’Afrique54.net et l’interview originale a été réalisée par Annick N’GUESSAN d’Ahou Attitude Magazine.

 

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