Le Centre d’études prospectives à la recherche des politiques innovantes pour le développement industriel du secteur agricole en Afrique

Le Centre d’études prospectives (Cep) a organisé une table-ronde le jeudi 09 juin 2022, au Plateau, une commune d’Abidjan, capitale économique de la Côte d’Ivoire dont l’objectif était de trouver politiques innovantes et adaptées pour le développement industriel du secteur agricole non seulement en Côte d’Ivoire mais aussi dans d’autres pays africains.

Les experts, les industriels et les institutions qui prennent part à la table-ronde – Crédit photo : a54

Afrique54.net – Placé sous le thème : « Quelle implication du secteur privé dans le développement des politiques agricoles et alimentaires ? », l’événement a réuni des experts, des industriels et des institutions partenaires au développement. Objectif : Avoir des politiques innovantes et adaptées pour le développement industriel du secteur agricole non seulement en Côte d’Ivoire mais aussi dans d’autres pays africains.

Le thème de la table-ronde de haut niveau s’est décliné en trois sous-thèmes. D’abord, les limites des politiques actuelles en matière d’implication du secteur privé dans le processus de modernisation et de durabilité agricole en Afrique. Ensuite, les approches et les orientations politiques agricoles innovantes à explorer en Afrique dans le contexte géopolitique mondial actuel. Enfin, les réformes stratégiques innovantes nécessaires à mettre en place pour le financement, l’utilisation de technologies et la création d’emplois.

Il y avait 6 panélistes entre autres, Sandor Bereczki, attaché commercial à l’ambassade de la Hongrie, Gustave Aboua, Dg du Développement Durable au Ministère de l’Environnement et du Développement Durable, Marc Wabi, président de la Commission Économie et Diversification, Yangni-Angaté Stéphane, directeur technique de la Société ivoirienne de technologie tropicale (I2T) et Souleymane Coulibaly Daaf, Alimata Koné, secrétaire permanente de la Commission Nationale de Fonds pour l’environnement mondial (Fem).

Représentant la Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire (Cgeci) qui est le Patronat ivoirien, Marc Wabi a relevé les limites du secteur agricole qui font que les politiques mises en place sont inefficaces. Il s’agit de l’adaptabilité du financement actuel au cycle de valeur de l’agriculture, l’investissement et la formation. « Dans nos États, nous avons des fonds suffisants. Mais aujourd’hui, les produits ne sont pas alignés aux mécanismes de production de la valeur agricole. Les politiques mises en place devraient voir dans quelle mesure rendre la demande de financement plus attractive pour les investisseurs du secteur privé. Cela passe par la professionnalisation des filières agricoles. Nous sollicitons régulièrement l’État pour mieux structurer, pour garantir et pour assurer les différentes filières agricoles », a informé le panéliste Marc Wabi.

‹‹ Il faut qu’on crée des acteurs plus solides pour qu’ils construisent des routes, des entrepôts ››

Poursuivant, Marc Wabi a affirmé que les acteurs du secteur privé ne peuvent pas investir dans les infrastructures puisque plusieurs parmi eux ne sont pas financés. « On ne peut pas parler de l’implication du secteur privé sans la question des champions nationaux. Il faut qu’on crée des acteurs plus solides pour qu’ils construisent des écoles, des routes, des entrepôts et même des ponts. Ceux que nous avons actuellement travaillent avec leur propre revenu, leur propre financement », a précisé Marc Wabi.

 

Après la table-ronde, les participants rassurés d’avoir apporté des politiques innovantes et adaptées pour le développement industriel du secteur agricole en Côte d’Ivoire et dans d’autres pays africains – Crédit: a54

 

Pour sa part, la panéliste Alimata Koné du Fem, a relevé que l’établissement financier offre des opportunités de financement au privé ainsi qu’au public. « L’objectif recherché à travers le financement est le bénéfice environnemental global », a-t-elle indiqué.

Poursuivant, Alimata Koné a fait observer les programmes de ladite institution. «Le Fem a mis en œuvre des grands programmes internationaux : le projet des villes durables, la sécurité alimentaire…», a énuméré la panéliste Alimata.

En ce qui concerne les réformes stratégiques innovantes pour le financement, l’utilisation de technologies et la création d’emplois, le panéliste Yangni-Angaté Stéphane d’I2T a fait des propositions.

Entre autres, augmenter les capacités de production en équipement des centres de recherches, créer un centre pour la recherche et le développement industriel, mettre en place des plateformes d’échanges dans le cadre de la collaboration entre transformateurs et chercheurs, et promouvoir l’entrepreneuriat inclusif dans le domaine des start-ups et autres.

«Nous sommes à un moment crucial où nos pays doivent œuvrer à la souveraineté alimentaire vu le contexte géopolitique marqué par la crise Russe-Ukraine. Cela montre la fragilité de tous nos dispositifs et met un doigt sur la question de l’interdépendance des peuples et des politiques etc., J’adresse mes vifs remerciements et mes sincères hommages à toutes les personnes présentes à cette table-ronde. Vous avez tous contribué à sa réussite », a conclu Épiphane Ballo Zoro, le ministre de la Promotion, de la Bonne Gouvernance, du Renforcement des Capacités et de la Lutte contre la Corruption par ailleurs, membre fondateur du Cep.

Le Centre d’études prospectives est un think tank dont l’une des missions est de promouvoir des stratégies analytiques pour les différents États.

 

 

© Afrique54.net | Daniel Jessica Medebodji ( Stg), Abidjan

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