Compte du Cameroun à l’Unesco fermé,  fin des intégrations directes des lauréats des ENS et ENSET : Un aveu d’échec de l’Etat du Cameroun ?

Dès 2023, les lauréats des Ecoles Normales Supérieures et ceux des Ecoles Normales Supérieures de l’Enseignement Technique ne seront plus intégrés directement à la Fonction publique.

 

 

 

Afrique54.net | Yaoundé – Rien ne va plus au Cameroun. L’Etat se désengage de plus en plus de ses missions régaliennes. L’on apprend d’une correspondance conjointe signée du ministre de l’Enseignement Supérieur  et du ministre de la Fonction Publique dès 2023.

En effet, le ministre de l’Enseignement Supérieur et celui de la Fonction publique ont à travers une décision, recommandé au Chef du gouvernement de mettre fin à cette intégration automatique. Plusieurs experts voient en cette décision « un échec à gérer les mouvements d’humeur dans la coopération des enseignants ».

Désormais, le MINESUP entend organiser le concours d’entrée à l’Ecole Normale. A leur sortie, les enseignants devront présenter un concours d’intégration organisé par le MINFOPRA.

Paradoxe ou diversion ?

Rappelons que cette décision intervient deux mois après une tournée nationale du Ministre de la Fonction Publique et de la Réforme Administrative dans le ENS et ENSET du pays qui rassurait sur la célérité dans le processus d’intégration. « Nous devons engager immédiatement le processus d’intégration en deux mois au lieu de trente mois comme c’était le cas », déclarait Joseph LE face aux étudiants de l’ENSET de Douala. Et aujourd’hui, l’on se questionne sur les motivations réelles de la tournée du Minfopra qui quelques mois après signe une décision qui marquerait la fin des intégrations directes.

De même, suite à la vague d’indignation qu’a suscité une telle décision,  Pr Jacques Fame Ndongo, ministre camerounais de l’Enseignement Supérieur joue la carte de l’apaisement. Selon lui, « Il s’agit d’une proposition conjointe de deux membres du gouvernement soumise à la Haute Sanction de leur supérieur hiérarchique. Aucune décision n’est encore prise. Seule la hiérarchie est habilitée à prendre une telle mesure. Ses directives seront appliquées illico presto par les deux ministres qui restent, chacun, dans son domaine de compétence ».

Le Cameroun est-il en faillite ?

Depuis quelques mois, des lanceurs d’alertes annoncent la faillite imminente du Cameroun qui ne tient qu’à un fil. Pour certains d’entre eux, le pays serait incapable de régler la facture de près de 200 milliards de Francs Cfa nécessaires à la régularisation des problèmes des enseignants. Le pays aurait par ailleurs perdu sa crédibilité auprès  des partenaires et bailleurs de fonds internationaux  (Unesco, Banque Mondiale…), qui finançaient  son système éducatif.

Notons que malgré la visite de la Directrice générale de l’Unesco au Cameroun en février dernier, les relations entre les deux parties ne sont pas au beau fixe. En effet selon une source anonyme, le Cameroun à travers le Ministère des finances ne se serait pas acquitté de  sa contribution et qu’en retour, « l’Unesco avait fermé avant le trimestre du 2021 le compte du Cameroun » comme nous avait appris une source  crédible au Ministère des Finances.

Une source  qui pointait du doigt sur le Ministre Louis Paul MOTAZE et surtout sur l’actuel Directeur général du Trésor et de la Coopération financière  Sylvestre MOH  à qui on reproche de « négliger les engagements du pays à l’extérieur et certaines priorités ».

Si Sylvestre MOH  qui a déjà fait plus de 10 ans au à ce même poste  n’a pas voulu réagir à nos multiples sollicitations, un haut responsable du Ministère camerounais de l’Education de Base  ayant requis l’anonymat, nous a confirmé la fermeture  du Cameroun à l’Unesco. Ce dernier avait précisé que l’actuel ambassadeur de France au Cameroun avait, selon lui, évoqué avec le Ministre camerounais de l’Education de Base Laurent Serge ETOUNDI NGOA, la déception de cette agence onusienne quelques après la fermeture de ce compte.

Pour pallier à cette situation, le financement  de l’ouverture d’un nouveau compte du Cameroun à l’Unesco aurait été assuré par la Commission Nationale de l’Unesco afin de s’acquitter des obligations du Cameroun, qui vient de voir l’une de ses filles être intégrée au sein du Conseil d’Administration de l’Unesco.

Cette réouverture serait-elle intervenue après la  visite officielle  de Directrice Générale de l’UNESCO, Audrey Azoulay, qui a été l’hôte du Président camerounais Paul BIYA en début février 2022 ?

Affaire à suivre.

 

© Afrique54.net | Marcien Essimi

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